Interview

James Blateau (FF Gym) : « 1 million d’euros pour les clubs »

par | Juil 6, 2020 | Interview

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La Fédération Française de Gymnastique n’a pas à rougir. Avec plus de 325 000 licenciés, l’organisation peut rivaliser avec certaines disciplines plus médiatisées. James Blateau, son président depuis 2013, détaille à Sport Value le plan de soutien mis en place.

Certains présidents étaient favorables, avec le report des Jeux Olympiques de Tokyo, au décalage des élections fédérales. Quelle est votre position ?

Les élections sont prévues en novembre, elles se dérouleront normalement. Cela sera la fin d’un deuxième mandat et le début d’un éventuel troisième. J’annoncerai dans quelques temps ma participation à ces élections. Nous avons intégré à nos statuts le fait qu’un président ne pouvait pas faire plus de 3 mandats, c’est un des éléments de modernisation que nous avons mis en place dès 2013.

Nous sommes aussi passés au scrutin de liste, avec un président professionnel et une équipe dédiée. Au sein du bureau et du comité directeur de la Fédération, il faut aussi dire que nous sommes à une parité exacte. Je suis fier de ces éléments, cela montre que notre Fédération est moderne.

Comment s’est passée la période de confinement pour votre fédération ?

Il y a 3 publics différents : les clubs, le personnel de la Fédération et les élus. Nous avions déjà fait des gros efforts sur l’outillage informatique mais nous n’exploitions pas ces outils à fond. Du jour au lendemain, tout le monde est parti avec son ordinateur et les choses se sont mises facilement en place. Une transition rapide et radicale.

Les clubs se sont retrouvés avec les portes fermées, eux aussi du jour au lendemain. Nous nous sommes appuyés sur les compétences au sein des clubs et pôles pour réaliser des petites vidéos adaptées par niveau (68 vidéos réalisées avec plus de 250 000 vues au total). C’était un premier lien.

L’autre chose qu’on a fait c’est de mettre en avant sur notre site et nos réseaux les personnes qui étaient engagéespendant le confinement au service des autres. Dans nos clubs, il y a des gens qui se mobilisent pour le sport mais ils étaient aussi dans leur vie professionnelle, dans le monde médical, en première ligne face à la maladie. C’était important de leur rendre homage.

Globalement la gestion du confinement a été bonne, mais c’est peut-être maintenant que les problèmes arrivent.

La grosse actualité de la Fédération, c’est le fonds de soutien que vous venez de lancer. Vos clubs sont en difficulté ?

On a compris rapidement qu’ils le seraient mais pas dans le sens où on l’entend pour le sport professionnel avec des droits tv, des pertes de revenus et des huis clos. Nous ne sommes pas dans ce cette configuration, nous ne comptons pas vraiment sur le spectateur pour faire tourner notre activité. L’annulation de notre saison génère plutôt des économies.

Le problème pour un club, au moment où on se parle, c’est le manque d’activité. Le problème financier arrivera peut-être plus tard. Lorsqu’on a commencé à voir la possibilité de recommencer nos disciplines, nous avons chercher à mettre en place plusieurs actions :

– Pour la maitrise de l’aspect sanitaire. La fédération a monté une formation en ligne  « Manager Covid19 » pour que les clubs deviennent des spécialistes des nouvelles règles et contraintes sanitaires
– Pour l’organisation du club. Tout le monde rêvait de faire la même gym qu’avant mais ce n’était pas possible. Nous avons proposé de nouvelles activités en extérieur et le retour en salle se fait progressivement. On est en train de réaliser un nouveau guide technique, mis à jour. Les clubs et les collectivités sont demandeurs.
– Pour mobiliser les soutiens. Je ne sais pas si tout le monde en est conscient mais l’Etat et le CNOSF ont fait beaucoup. Nous avons récapitulé l’ensemble des actions et des propositions pour que tout le monde soit correctement informé

Nous avions des contraintes de temps et on a pensé, à juste titre, que Sport Value allait nous aider. Depuis, d’autres dirigeants m’ont sollicité pour savoir comment on avait travaillé avec Sport Value. Nous avons eu quelques remarques négatives au début mais je pense que c’était des remarques un petit peu corporatistes.

James Blateau (Président de la Fédération Française de Gymnastique)


Comment s’organise l’enveloppe d’un million d’euros que vous avez débloqué ?


Nous faisons un effort particulier, en direct, de 700 000 euros. Au fur et à mesure que les gens reprendront leur licence, ils bénéficieront d’une déduction. Nous sommes aussi organisme de formation, là encore nous proposerons une réduction de 20% aux clubs demandeurs pour un total de 300 000 €.

Des fédérations vous ont inspiré pendant la crise ?

Bien sûr, on regarde ce que les autres font. Nous ne sommes pas au niveau du rugby, par exemple, et de ses 35 millions d’euros, c’est normal. Nous sommes modestes mais aussi transparents, on annonce clairement ce qu’on fait. On fait partie des quelques fédérations à avoir pu mobiliser de l’argent au service des clubs.

Sport Value travaille avec vous depuis quelques saisons, sur quels sujets exactement ?

ll y a des choses qu’on sait faire et d’autres non. Nous avons l’habitude de chercher à l’extérieur des compétences que nous n’avons pas. Il y a une relation de confiance avec Sport Value.

Nous avons été chercher Sport Value pour deux choses : le PSF et la labellisation des clubs. La gestion du PSF a fait polémique au départ. C’était un dispositif nouveau mis à disposition par l’état et certains s’étonnaient qu’on fasse appel à une entreprise privée.

Nous avions des contraintes de temps et on a pensé, à juste titre, que Sport Value allait nous aider. Depuis, d’autres dirigeants m’ont sollicité pour savoir comment on avait travaillé avec Sport Value. Nous avons eu quelques remarques négatives au début mais je pense que c’était des remarques un petit peu corporatistes.

Le deuxième sujet porte sur Quali Club qui est la démarche qualité de la Fédération. La plateforme qui a pu être réalisée nous fait gagner en compétences et en temps. Nous n’avons pas encore de conclusion mais ce qu’on sait, c’est que les gens qui sont allés dessus sont satisfaits de l’outil et de la démarche. A la fin du compte, on arrive à quelque chose qui correspond à ce qu’on voulait.

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