Interview

MARC SANCHEZ (ANDES) : « ON NOUS ÉCOUTE MAIS ON NE NOUS ENTEND PAS »

par | Jan 28, 2021 | Interview

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Comme tous les mois, nous vous proposons l’interview d’un acteur du sport. La crise est toujours là et les collectivités doivent répondre aux appels des clubs et des associations en détresse. Marc Sanchez, le président de l’Association nationale des élus en charge du sport (ANDES), raconte les difficultés du moment.

Sport Value: L’ANDES vient de publier une étude autour de l’impact du Covid-19 pour les élus en charge du sport, vous aviez besoin de mieux comprendre la situation ?

Marc Sanchez: Cela fait partie de notre rôle. Nous sommes au service de toutes les collectivités. L’ANDES est un réseau important qui rassemble 8 000 villes. Nous apportons de l’aide aux collectivités sur un grand nombre de sujets, sur des diagnostics, des solutions, sur de la gestion au quotidien. Dans la situation que nous traversons, il est important de relayer des informations à nos adhérents. Le ministère des sports nous demande souvent de lui faire remonter des informations.

Vous avez décomposé cette étude en 3 grandes parties : soutien aux clubs amateurs et associations, soutien aux clubs professionnels, et budget des sports pour 2021…

Oui, cela permettait d’avoir une vision complète puisque nous touchons à tous les milieux sportifs. L’idée de ce découpage est de dissocier le sport amateur du sport professionnel dans la mesure où les enjeux et les problématiques ne sont pas tout à fait de la même nature.  Aussi, l’objectif était de pouvoir faire un focus sur le budget 2021 en questionnant les collectivités sur la façon dont elles envisagent de le préparer compte tenu de la crise sanitaire.

« On nous écoute mais on ne nous entend pas »

Marc, Sanchez, Président de l’ANDES

Les collectivités sont restées fidèles à leurs clubs durant cette crise. Il y a des chiffres très forts : 98,3% des villes interrogées ont maintenu un lien régulier ; 89% maintiennent un soutien financier identique ou supérieur pour la saison 202-21 ; 78,6% ont mis en place des dispositifs exceptionnels de soutien…

La quasi-totalité des équipements sportifs nationaux appartient aux collectivités. Le milieu associatif est très dépendant des collectivités. Les élus adjoints aux sports sont des hommes et des femmes de proximité. Ils sont au contact des associations et connaissent leurs problèmes, ce sont eux les mieux placés pour apporter des réponses au quotidien.

Une collectivité sans association, cela n’existe pas, elle ne serait pas sur les bons rails. La relation humaine est au centre de l’action.

Comme pour les fédérations, on constate une perte importante d’adhérents pour les clubs, entre 10 et 70%. Que craignez-vous pour cette année ?

Depuis septembre, le milieu associatif est à l’arrêt avec des équipements fermés. On peut craindre que les chiffres soient plus importants encore. L’essentiel est de maintenir le lien, l’aspect humain et encadrement. Les équipements sont encore là et ils seront encore là pour la reprise mais est ce que les pratiquants reprendront ? C’est la grande inquiétude. On sait que des associations auront du mal à repartir, je préfère le dire comme ça, c’est une réalité.

Quel est votre regard sur les échanges avec le monde politique et la place donnée au sport ?

On se bat justement car le sport n’est pas à sa place au niveau national. Les budgets qui sont donnés sont insuffisants. Je ne veux pas opposer les secteurs d’activités car tout le monde souffre. Les moyens ne sont jamais suffisants mais il y a des choses qui sont faites. Davantage de sport, c’est plus de santé et moins de dépenses pour la sécurité sociale. On ne veut pas nous entendre là-dessus. On nous écoute mais on ne nous entend pas.

Les collectivités seules ne pourront pas tout faire, si on diminue les dotations. Ce qui se passe est un fléau mondial, cela ne touche pas que la France.

La crise ne peut-elle pas être une occasion pour que les clubs se transforment et se modernisent ?

Les personnes qui ont pu apporter des éléments nouveaux dans la gestion de leur structure l’ont fait. Nous avons à faire à des gens responsables. Je pense que 95% des dirigeants sont capables de s’adapter à des situations de crise, ce sont des gens qui ont des qualités de gestionnaire.

Le monde du sport professionnel est un autre sujet. Je pense qu’il est nécessaire de sauver le sport amateur afin qu’il puisse continuer à enrichir le réseau professionnel. Les fédérations œuvrent aussi pour qu’il y ait un redémarrage. Si tout s’effondre, les citoyens perdront en qualité de vie et de bien-être. Le rôle de l’ANDES, c’est de faire passer des messages. Nous sommes dans tous les territoires, dans toutes les collectivités.

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