TRIBUNE & ANALYSE

Neymar/PSG, l’édito de Nicolas Blanc

par | Sep 4, 2019 | TRIBUNE & ANALYSE

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[Transfert] Neymar reste à Paris, c’était écrit !

Edito de Nicolas Blanc, fondateur du cabinet Sport Value.

Le « feuilleton » Neymar a occupé, et c’est bien normal, les médias durant tout l’été. Journalistes sportifs et économistes n’ont pourtant à aucun moment étudié réellement la faisabilité d’une telle transaction. Les éléments de chiffre d’affaires et d’endettement publiés étaient très incomplets et certains éléments clés manquaient dans leurs analyses…

Quels sont en effet les ressorts d’une telle opération ? En dehors de la stratégie du club, on peut identifier 3 points clés :

  • La capacité d’avoir un solde de cash suffisant en banque pour payer. Dans le cas du Barça, le club ne pouvait pas réunir le montant de cash nécessaire pour réaliser cette opération hors norme et ce même si le PSG a accepté un étalement de paiement sur plusieurs années. Au 30 juin 2018, lors de la dernière clôture auditée de ses comptes, le club catalan disposait d’environ 40 M€ en banque et 200 M€ de créances à encaisser à court terme. Mais il avait environ 50M€ de prêts à rembourser à court terme (plus 16M€ à long terme), 45 M€ de dettes joueurs à payer, 315 M€ de dettes auprès de ses employés et de l’administration et enfin avait encaissé en avance environ 265 M€ de produits. La balance est négative pour plus de 400 M€…
  • La conformité des opérations aux différents règlements. Dans le cas du Barça, régulièrement qualifié en Coupe d’Europe, le club doit être en conformité avec les règlements de la Liga et ceux de l’UEFA et doit respecter les limites d’endettement fixées dans ses statuts. Si le club a réalisé un exercice 2018/2019 conforme aux précédents, son bénéfice a été d’environ 20 M€. Il a ensuite investi au début de l’été 2019 notamment dans les recrutements de De Jong et Griezmann ce qui a mécaniquement augmenté la facture de sa masse salariale (salaire, charges sociales et amortissements) et pesé négativement sur le résultat net du club. La conformité au Fair Play Financier était compromise et un risque de sanctions pesait sur le club.
  • La bonne exécution du paiement des échéances étalées dans le temps. Au 30 juin 2018, la balance de cash du Barça était négative de plus de 400 M€. Le club a en outre lancé son projet de rénovation du Camp Nou en fin d’année 2018 avec un financement en grande partie par endettement (400 M€ environ à financer avant de pouvoir compter sur de nouvelles recettes futures). Les recrutements de l’été 2019 (notamment Griezman) ont été eux aussi financés en partie par un endettement supplémentaire. Le risque crédit apparaît ici important et il aurait été nécessaire pour le PSG de s’en protéger. Mais qui est capable d’assurer 100 M€ de règlement à 1 an quand un club en doit déjà 800 M€ à d’autres créanciers ? Le coût d’une telle opération aurait été déraisonnable.

Sport Value a participé ces 4 dernières années au financement et à la couverture d’une cinquantaine de transferts internationaux pour un montant supérieur à 500M€.

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